Après avoir tenu une rencontre d’urgence avec le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ) dans le contexte de la guerre commerciale, les Producteurs de grains du Québec (PGQ) lui ont maintenant transmis toutes les informations nécessaires pour bien comprendre les impacts négatifs de la guerre commerciale dans le secteur des grains. Selon les PGQ, le Ministère doit maintenant agir de toute urgence afin de mettre en place des solutions concrètes et suffisantes.

« Les décisions agressives de l’administration Trump déséquilibrent sérieusement le marché des grains. Nous anticipons une baisse de prix des grains qui aura des impacts majeurs au Québec. Ceci s’ajoute au déséquilibre criant du soutien gouvernemental à notre endroit par rapport à nos concurrents. Le MAPAQ doit réagir avant qu’il ne soit trop tard. Il faut débloquer une aide directe pour soutenir nos producteurs dans l’immédiat et adapter les programmes de sécurité du revenu dans le futur. C’est la vitalité économique de toutes nos régions qui en dépend! », déclare M. Christian Overbeek, président des PGQ.

Selon les dernières données disponibles, on évalue l’impact négatif actuel de la guerre commerciale sur le prix du soya à environ 50 $ la tonne. En 2019, on s’attend à ce que les prix du soya et du maïs-grains connaissent des baisses supplémentaires de 10 à 15 %. Pour une entreprise type, ces baisses pourraient occasionner des pertes de revenus atteignant 80 000 $ par producteur l’an prochain. Il est important de souligner que ces baisses s’attaquent d’abord à la mince marge bénéficiaire des producteurs, la transformant en pertes réelles et immédiates.

Par ailleurs, selon les prévisions actuelles, le soutien gouvernemental de base pour le maïs et le soya sera près de deux fois plus élevé aux États-Unis qu’au Québec (entre 2016 et 2018). Concernant l’assurance récolte, ce soutien sera 10 fois plus élevé aux États-Unis qu’au Québec (entre 2010 et 2016). L’aide spéciale de 12 milliards de dollars de l’administration Trump à son secteur agricole s’ajoute à ce déséquilibre.


Les demandes des Producteurs de grains du Québec, formulées dans les dernières semaines, sont les suivantes :

  1. Un programme ad hoc immédiat à court terme pour compenser les pertes directes des producteurs de grains, en réponse au soutien du gouvernement américain;
  2. Une adaptation à moyen terme des programmes québécois pour faire face à une période prolongée de bas prix;
  3. Une démarche du gouvernement du Québec auprès du gouvernement fédéral afin de prévoir la participation de ce dernier à la riposte nécessaire dans le contexte.


Rappelons que le gouvernement du Québec a reconnu que les programmes actuels ne sont pas en mesure de soutenir adéquatement les producteurs de grains dans la situation qui prévaut.


Producteurs de grains du Québec
Les Producteurs de grains du Québec représentent quelque 11 000 productrices et producteurs présents dans toutes les régions du Québec. Ils cultivent plus d’un million d’hectares de terre, pour un chiffre d’affaires annuel de 1,3 milliard de dollars. Les producteurs québécois produisent et commercialisent principalement des grains de céréales (maïs, blé, orge, avoine) et d’oléagineux (soya, canola). La production et la transformation de grains représentent ensemble plus de 20 000 emplois au Québec.

Nous faisons contraste!