L’utilisation des combustibles fossiles de même que l’extraction et l’exploitation des ressources naturelles non renouvelables sont en grande partie responsables de l’augmentation du taux de dioxyde de carbone dans l’atmosphère terrestre observée depuis le début de l’ère industrielle. Il est scientifiquement démontré que le dioxyde de carbone est un des principaux responsables des changements climatiques qui se font ressentir à différentes échelles sur la planète. 

La population mondiale doit être interpellée pour modifier ses modes de vie, dans le but de réduire le taux de gaz à effet de serre (dioxyde de carbone et méthane), afin de tenter de stabiliser la situation actuelle et, éventuellement, d’inverser la tendance observée. Toutefois, force est de constater que même si les taux de gaz à effet de serre se stabilisaient dans la prochaine décennie, les effets se feraient sentir encore pendant plusieurs décennies. Par conséquent, le défi est double, en plus de faire un effort de réduction de gaz à effet de serre, les États doivent planifier des actions pour affronter ces changements climatiques. 

Les défis pour les prochaines décennies s’annoncent gigantesques. L’augmentation annoncée de la fréquence des événements climatiques extrêmes provoquera des catastrophes ayant des effets sur la vie, l’environnement et l’économie. 

D’ores et déjà, plusieurs professionnels du Québec ont constaté les effets des changements climatiques et ont dû s’y adapter. Les ingénieurs civils doivent tenir compte des climats futurs dans l’élaboration des réseaux d’égouts pluviaux et sanitaires, les agronomes et les ingénieurs forestiers doivent composer avec l’arrivée d’insectes ravageurs et de problèmes phytosanitaires, les médecins vétérinaires font face à la progression de certaines maladies animales dont plusieurs sont des zoonoses, i.e. transmissibles à l’humain. Il apparaît certain que d’autres professionnels seront interpellés dans le futur compte tenu de l’incidence économique et sanitaire des problèmes auxquels nous ferons face dans un avenir rapproché. 

On parle d’augmentation du niveau des océans attribuable à la hausse de la température et à la fonte des glaciers. On parle de l’étalement rapide de la désertification. On parle de millions de réfugiés climatiques. 

Nous sonnons l’urgence d’agir dès maintenant sur la réduction des gaz à effet de serre. 

Certaines technologies environnementales permettant de faire face aux changements climatiques existent à l’heure actuelle et nous, les professionnels, avons les capacités d’en développer de nouvelles. Il faut se rendre à l’évidence : un environnement sain est garant d’une économie saine et d’un niveau de vie adéquat pour la population humaine. Nous considérons que la prévention sera toujours moins dispendieuse que l’intervention. Au-delà de la partisanerie politique et des lobbies de toutes sortes, nous croyons en l’importance de l’application des principes de durabilité (développement durable) qui consiste à exploiter les ressources naturelles en tenant compte du besoin des générations actuelles et futures. Ces principes impliquent un l’équilibre entre l’économie, le social et l’environnement. Soyons les leaders dans ces changements de comportements. 

Nous considérons qu’il est de notre devoir, d’interpeller les instances civiles pour leur faire part des défis qu’entraînent la hausse des gaz à effet de serre et les changements climatiques qui leur sont associés. Notre rôle de protection du public, nos connaissances et nos expertises justifient amplement cette prise de position. Nous vous interpellons, afin d’implanter un plan d’action réel et mesurable pour contrer l’émission des gaz à effet de serre (incluant un plan de transition énergétique cohérent) et mettre en place des mesures efficaces d’adaptation aux changements climatiques. 

Nous espérons que notre position saura influencer vos politiques en matière d’environnement et de développement durable afin d’assurer un avenir durable à l’ensemble de la population. 

 

Le Groupe des ordres professionnels du Québec préoccupés par les changements climatiques : 

Michel Alsayegh, président, Ordre des chimistes du Québec (auteur de la lettre)

Nathalie Dion, présidente, Ordre des architectes du Québec 

Marianne St-Pierre-Plamondon, présidente, Ordre des conseillers en ressources humaines et en relations industrielles agréés du Québec 

François Laliberté, président, Ordre des ingénieurs forestiers du Québec 

Caroline Kilsdonk, présidente, Ordre des médecins vétérinaires du Québec 

Marie-Ève St-Laurent, présidente, Ordre des sages-femmes du Québec 

Lucie Careau, présidente, Ordre des urbanistes du Québec

 

Nous faisons contraste!